Un Konbini sinon rien

Un Konbini sinon rien

Quand vous rentrez de voyage du Japon, certaines choses peuvent vous manquer. Il y en a une un peu plus marquante que les autres, celle de descendre à minuit et pouvoir s’acheter à manger ou à boire, voire imprimer des photos. Oui je veux parler des Konbini, les fameux magasins de proximité au Japon.  

 

 

コンビニ – Konbini 

Ouvert 24h/24 7j/7, Il y en aurait 1 pour 2000 habitants de l’archipel. Bien sûr, certaines zones à la densité urbaine très dense possèdent de nombreux Konbini et il n’est pas rare de marcher 200 mètres entre deux commerces. Cependant, si on regarde le  ratio pour 100 000 habitants, la région d’Hokkaido arrive en tête avec 54 magasins et en deuxième position nous avons la région de Yamanashi (53,2 magasins). La plus petite région est celle de Nara  (32,2 magasins). 

Un peu d’histoire 

Il y a plus de 55 000 konbini au Japon. Suivons l’exploration de ce commerce que le Japon a su transformer comme une identité spécifique du pays. 

Le premier konbini a vu le jour en 1974 sous une franchise de la marque américaine Seven Eleven (7/11). Il s’est ouvert dans le quartier de Toyosu de Tokyo. Des expériences avaient été au préalable réalisées par deux autres grandes marques : Seicomart à Hokkaido et Family Mart à Saitama. Le marché des konbini est très concurrentiel et même sectoriel. Quelques chaînes de konbini ne sont présentes que dans certaines préfectures japonaises. C’est notamment le cas de Seicomart uniquement sur Hokkaido ou Yamazaki réservée à l’île de Kyushu. Mais impossible de rater les 3 grandes marques les plus connues au Japon.On retrouve les 7/11 avec plus de 19 423 magasins sur le territoire japonais, Lawson (12 839 magasins) et Family Mart (18 185 magasins comprenant la fusion avec Circle K Sunkus en 2016). Le marché des Konbini est énorme et représentait en 2015, 10 billions de yens, soit 80 milliards d’euros (avec un yen à 125).  

 

 

Que trouve-t-on dans un Konbini ? 

Les konbini vendent de tout et rendent de multiples services. Vous pourrez y trouver de quoi vous restaurer à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Suivant les saisons, des spécialités culinaires comme le oden et bien sûr le beaujolais nouveau. Mais les plats traditionnels sont présents comme les onigiri, okonomiyaki et maintenant de plus en plus de salades diverses et variées. Mais c’est aussi des bières à profusion et autres boissons non alcoolisées, des produits pour la maison et parfois des vêtements. Depuis quelques années, le konbini s’est transformé en plateforme de services proposant le retrait des colis, l’envoi de courrier, le paiement des différentes taxes, les systèmes de reprographie, des achats de place pour des événements, un coin presse/manga et bien sûr le retrait d’argent. À noter que seul 7/11 propose le retrait pour les cartes internationales (pour l’instant). Bien pratique. 

 

 

L’économie du Konbini 

Ces magasins de proximité sont pour la plupart des franchises et respectent des règles bien précises. Par exemple, la taille d’un konbini doit être de 30 m2 minimum sans dépasser les 250 m2. L’ouverture du magasin sur une journée doit être au minimum de 14h.  

Le secteur économique des konbini est en mutation. En effet, ces commerces commencent à manquer de main-d’œuvre. Devant les nombreuses tâches à effectuer il est de plus en plus dur de trouver du personnel. La multiplication des services a aussi demandé une plus grande implication des employés au sein d’un konbini. Mais parfois cela va à l’encontre de l’optimisation du temps. Un des meilleurs exemples est le catalogue de service pour l’envoi de courrier qui serait de l’ordre d’une centaine de pages. De quoi se perdre quelques minutes à la recherche du bon tarif.   

De plus, la rémunération n’est pas très attractive puisque le salaire est souvent indexé sur le salaire minimum requis au Japon. Le salaire horaire moyen est compris entre 800 et 1000 yens, soit entre 6 et 8 euros, moins que le SMIC en France qui est de 9,76 euros. Le salaire est aussi indexé par rapport au lieu et le patron de la franchise a toujours le dernier mot sur le taux horaire de son commerce. Emploi saisonnier ou à mi-temps, l’optimisation du travail de l’employé du konbini est aujourd’hui un sujet important, notamment pour une meilleure rentabilité, et toutes les marques travaillent activement pour trouver de meilleures solutions.

Un konbini se doit de proposer un maximum de produits utiles pour l’usager. C’est ainsi que 70% des produits sont renouvelés par an. Ce chiffre, qui peut paraître énorme, est le socle même du fonctionnement de tout konbini. La gestion de la distribution des produits est en grande partie responsable du succès populaire de ces commerces. 

Voyons plus en détail comment est réalisée la gestion de la marchandise. 

C’est encore 7/11 qui le premier a mis en place en 1982 la technologie POS pour Point Of Sale. Ce système a permis avec l’arrivée des code-barres une gestion précise de l’ensemble des produits vendus dans un konbini. Cela a permis de créer des bases de suivis des produits. C’est à partir de ces données que les konbini gèrent leur stock et le flux d’approvisionnement. Cette gestion avancée des ventes permet de répondre aux questions quand, quoi et combien permettant à chaque konbini d’anticiper la demande. Ces données peuvent aller encore plus loin avec le renseignement du type de client par l’employé. Ainsi, il peut de façon subjective donner l’âge du client et de façon plus cohérente le genre.  

 

 

L’avenir des Konbini 

Autre particularité des konbini au Japon, l’inexistence des caisses automatiques. Cependant, le projet des caisses enregistreuses automatiques est un vaste programme lancé par le ministère de l’Économie et reposant sur l’étiquetage électronique. Ce dernier, utilisant la technologie radio RFID va permettre d’identifier chaque produit et permettre un passage éclair aux caisses . Cependant, ce projet est encore en cours d’expérimentation et ne devrait être généralisé qu’en 2025 dans l’ensemble des konbini au Japon. Mais une fois l’étiquetage électronique mis en place, le fonctionnement des konbini risque de prendre une nouvelle dimension avec notamment l’amélioration des inventaires, une meilleure efficacité par rapport aux dates d’expiration, une amélioration de la lutte contre le vol à l’étalage et un passage aux caisses encore plus rapide. Bref, le Japon prend le temps de mettre en place ce dispositif, mais risque d’être leader dans ce domaine après 2025. Autre point important de développement au sein du konbini, l’usage de l’Intelligence artificielle (IA). La chaîne Lawson mène des développements sur ce sujet permettant d’améliorer le rendement des employés. L’IA devrait permettre une meilleure prédiction des stocks et de la chaine de distribution.

 

 

Quelle chaine de Konbini est apprécié au Japon ? 

Une étude (http://www.news-postseven.com/archives/20170224_495919.html) sur la meilleure marque de konbini donne le classement suivant 

1er Seicomart 

2ème 7/11 

3ème Lawson 

4ème Mini Stop 

5ème Circle K / Family Mart  

L’étude revient sur le cas de Seicomart qui est spécifique à Hokkaido et qui profite de cette avantageuse place de 1er en raison du manque de concurrence. Au final, la chaine 7/11 semble être la marque la plus appréciée des konbini sur l’ensemble de l’archipel. 

L’univers des konbini japonais est propre au fonctionnement du pays. Le pays a su développer un service à son image : respect du client, offre de service, fraicheur des produits… pour toujours séduire plus de personne. Même si le commerce des Konbini est présent un peu partout dans le monde, le Japon a su créer un modèle qui lui est propre.  

Pour être aller de nombreuses fois dans les konbini à la recherche d’un diner ou d’un simple rafraichissement c’est toujours agréable de trouver ce que l’on désire rapidement. Ce commerce de proximité devient même incontournable dans toute visite du pays.  

 

Le parfait petit déjeuner du Konbini