Tout sur les châteaux au Japon : Dessine moi un château (#16)

Tout sur les châteaux au Japon : Dessine moi un château (#16)

Et oui il y a des châteaux au Japon ! Tous les bâtiments à toits en pignon ne sont pas des temples.

Présentation des châteaux

La plupart des Châteaux japonais que l’on peut voir aujourd’hui remontent aux XVIe et XVIIe siècles. Cette période et plus particulièrement l’ère Edo (à partir de 1600) est considérée comme l’âge d’or des châteaux japonais.

Des châteaux que l’on a pour habitude de classer suivant leur lieu de construction. Voilà une bonne occasion de briller lors de votre prochain dîner en ville avec non seulement des notions d’architecture, mais aussi de japonais !

yamajiro (山城), pour les châteaux de montagne.

hirajiro (平城), pour les châteaux de plaine.

hirayamajiro (平山城) pour les châteaux construits sur des collines.

Des structures défensives

L’élément le plus typique de l’architecture des châteaux japonais est certainement le musha-gaeshi. Ces immenses murs incurvés un peu en forme d’éventail sont en fait l’habillage de remblais en terre  grâce à un savant empilement de pierres. Le tout sans mortier, afin d’assurer une certaine souplesse à l’ensemble pour mieux résister aux tremblements de terre.

Ces murs délimitent les différentes enceintes du château. Lorsqu’ils ne sont pas aux pieds de tours ou autres bâtiments, ils sont surmontés des murs en torchis percés de meurtrières aux formes variées. Celles rectangulaires semblent avoir eu la préférence des archers, alors que celles triangulaires ou rondes revenaient aux arquebusiers.

Les tours, yagura, servaient non seulement de poste de défense, mais aussi de lieu de stockage. Leur nom d’ailleurs reflète généralement leur usage, et il est courant de trouver dans les châteaux une taiko yagura, tour du tambour. L’instrument servait en effet à marquer le passage du temps et bien sûr à prévenir en cas d’attaque.

Les portes, Mon en japonais, point de passage obligé, faisaient  l’objet d’un soin tout particulier pour leur défense. La porte principale du château, otemon, était souvent surmontée d’une tour, ou donnait sur un petit espace fermé avec une seconde porte à angle droit, un système de défense portant le nom de masugata.

Le donjon, Tenshu en japonais

Le donjon, tenshu, lui se dressait dans la dernière enceinte. Ultime point de défense il disposait en plus de ses fenêtres défensives, musha mado, littéralement fenêtre des guerriers, de petites trappes, ishiotoshi, sur des avancées de bois permettant de jeter rochers ou huile bouillante sur les assaillants.

Les tenshu avaient aussi une autre défense, plus ésotérique celle-là, les shachihoko. Ces statues représentant des démons folkloriques, une tête de dragon sur un corps de carpe, étaient censées protéger le bâtiment en attirant la pluie en cas d’incendie.