Le Bal des Mascottes

Le Bal des Mascottes

A quelques jours de la conférence Japan Expo consacrée à notre documentaire sur les mascottes japonaises, pour mémoire jeudi 7 juillet à partir de 13h15 , voici un rapide tour d’horizon du sujet.

Mascottes + Japon = Yuru Kyara

Au japon, le terme générique pour mascotte est Masukotto, mais le phénomène mascottes japonaises porte lui le nom de Yuru Kyara, avec en romanji une seconde orthographe possible yuru chara. Chara pour character, personnage en anglais. En 2004 le terme a d’ailleurs été déposé accompagné d’une définition où la mascotte se doit d’être :  un symbole à la bouille rigolote, un peu maladroite, représentant une région, une ville …  et ce toujours en vantant un produit régional, le tout dans un costume qu’on a envie de serrer contre soi.

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Mascotte au Grand Prix Festival

Entre manga et shintoïsme

Mais c’est bien 2 ans plus tôt en 2002 que le terme Yuru Kyara apparaît pour la première fois lors d’un concours opposant 25 mascottes. Ceci dit n’allez pas croire qu’il n’y avait aucunes mascottes avant cette date. Comme en Europe, les symboles porte-bonheur, que sont les mascottes, ont existé de tout temps.

Citons aussi Hykonyan qui semble être la première mascotte à provoquer une forte adhésion du public. Créée en 2007, pour les 400 ans du château de Hikone, Hikonyan, forte de ses succès en terme de popularité et de retours économiques, va être au cœur de l’explosion du phénomène Yuru Kyara. Vers 2010 le phénomène connaît une forte accélération avec la création du Yuru Kyara Grand Prix, et du World Summit Festival, les 2 plus importants festivals de mascottes au Japon.

Une accélération que le père de Kumamon, Kundo Koyama, associe au déclin des hommes politiques à cette période. Ces derniers n’ayant plus grand chose à apporter, la population se serait tournée vers les mascottes et leurs valeurs positives.

Car c’est bien là, autour de ces valeurs positives, que se trouve la force du phénomène au Japon. Les yuru kyara dans le message qu’elles véhiculent, offrent un point autour duquel la communauté peut se regrouper, se retrouver. Même si on ne parle pas de spiritualité, on reste proche du polythéisme du shintoïsme et de ses kamis. Hors quoi qu’on en dise, la société japonaise est encore très largement régie par le shinto. N’oublions pas aussi que le Japon est le pays de l’image, des mangas. A l’origine, les mangas étaient d’ailleurs de simples caricatures. Dessins, caricatures, mascottes le chemin est vite parcouru !

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La célèbre mascotte Kumamon

A chacun sa mascotte

Avoir sa mascotte au japon s’est peu à peu imposé comme un « must have ». Les régions, les villes, certains quartiers des grandes agglomérations, les services de police, de la poste, de l’armée, des impôts, les sites touristiques, les musées… Ajoutez-y les entreprises privées de tout domaine et même les partis politiques, et vous l’aurez compris, les mascottes sont partout.

A côté des milliers d’anonymes il y a les stars. Au premier rang desquelles l’ours noir Kumamon, représentant de la région de Kumamoto, Hikonyan dont nous avons déjà parlé, ou dernièrement Funassi. Tout un bestiaire qui a envahi le japon avec ses milliers de produits dérivés.

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La remise des prix lors du Grand Prix festival en 2015

Le bal des mascottes

L’idée de faire un documentaire autour de la thématique des yuru kyara est née sur le tournage de « la balade du sakura » notre précédent documentaire consacré aux châteaux japonais. Nous étions au Château de Hikone et c’est la première fois que nous avons pu voir l’engouement des Japonais pour Hikonyan la mascotte du château. Cela a titillé notre curiosité et nous avons commencé à travailler un peu sur le sujet.  Il est assez drôle de constater que Hikonyan, est aussi la mascotte qui dans les années 2010 a donner un coup d’accélérateur au phénomène. Mais ça nous ne le savions pas encore ! L’autre point important dans la genèse du projet est l’opportunité de pouvoir rencontrer Kundo Koyama le père de Kumamon. Obtenir l’interview a été un point décisif.

Même si le sujet était un peu moins ambitieux que les châteaux japonais, ne serait-ce que par le format plus court (26min), il n’en a pas demandé moins d’efforts. La gestion du planning au moment des deux principaux festivals, qui tombaient le même week end, s’est quasi faite à la seconde près !

Pour en savoir plus retrouvez nous à Japan Expo pour la conférence, ou découvrez à la rentrée le Documentaire en exclusivité sur la chaine NoLife.

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La mascotte de la ville de Matsuyama : Mikyan

 



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