UNE BALADE AU JAPON ÉTÉ 2018 – ÉPISODE 3 : KYOTO NOUS VOILà

UNE BALADE AU JAPON ÉTÉ 2018 – ÉPISODE 3 : KYOTO NOUS VOILà

Départ pour un week-end à Kyoto, vendredi 10 août

Malgré l’envie de rester et d’arpenter de nouveaux territoires à Tokyo, il est temps de prendre le Shinkansen pour d’autres horizons. Et non pas des moindres, la traditionnelle ville de Kyoto sera notre prochaine étape, quasi obligatoire pour tout premier voyage au Japon. Direction la gare de Tokyo et son afflux de voyageurs. Une fois le JR Pass 7 jours en poche, nous attendons patiemment et en ligne pour monter dans une des voitures sans réservation. Heureusement que le shinkansen a une capacité importante, car nous n’étions pas seuls. Prendre le shinkansen à son terminus fut une bonne idée. Nous aurions pu le récupérer à Shinagawa, mais des places côte à côte auraient été difficile, voire impossible à trouver.

Le Shinkansen

Le Shinkansen est le train grande vitesse du Japon. Lancé à plus de 300 km/h, la ponctualité du shinkansen en 2016 était de 24 secondes ! Utilisant son propre réseau, les shinkansens permettent d’aller rapidement et en tout confort vers de nombreuses destinations au Japon. Construit pour les Jeux olympiques de 1964, plusieurs générations de Shinkansen ont déjà vu le jour et la prochaine évolution est prévue pour 2020, avec un shinkansen encore plus confortable. Si vous voulez en savoir plus, découvrez cette comparaison entre le Shinkansen et le TGV

 

Nous arrivons pile à l’heure à la gare de Kyoto. Malgré nos têtes levées pour admirer l’architecture moderne de l’endroit, nos estomacs nous rappellent à l’ordre. Il est grand temps d’aller déjeuner. Restons dans les entrailles de la gare où se trouvent de multiples restaurants. Notre choix se porte sur un restaurant de Sushi où Julien avait déjà déjeuné lors de son premier voyage, en 2002 ! Les sushis sont toujours aussi bons.

 

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Nous allons loger au ryokan Matsubaya. Nous avons réservé une chambre traditionnelle japonaise avec futons. Julien avait déjà séjourné plusieurs fois dans cet hôtel. Il s’est agrandi depuis et dispose maintenant de multiples commodités. Nous en profitons même pour faire une première lessive, la laundry étant juste à notre étage. Après un peu de repos, nous décidons de partir à la découverte de notre premier temple ou sanctuaire. Ce sera celui de Kiyomisu dera. Pour info, le bâtiment principal est en cours de rénovation. Nous sommes en période de O-Bon, le festival pour honorer les morts, et le Hondo, bâtiment principal du temple est exceptionnellement ouvert. Nous en faisons sa visite. L’ambiance est au recueillement. L’odeur de l’encens est omniprésente. Cette purification par l’encens est très importante. Les voluptés d’encens nous suivent tout le long de la visite du Kiyomizu dera.

 

Encens et Japon

Les bâtonnets d’encens sont utilisés pour la méditation et comme un moyen de purifier le lieu voire un objet comme le pratiquaient les samouraïs avec leurs armures. Avec de multiples fragrances, l’encens japonais est très réputé dans le monde.
L’autre grand usage de l’encens est lors des cérémonies bouddhiques où il est utilisé comme offrande pour honorer les personnes disparues. Souvent composé de plusieurs bâtonnets, on les plante dans l’encensoir. D’ailleurs, cette pratique impose qu’on ne plante jamais ses baguettes dans un bol de riz. Retrouvez l’article et la vidéo sur les encens

 

Nous hâtons le pas, car il n’est pas encore trop tard pour aller visiter le temple Kodai-ji. L’avantage de l’été est une fermeture plus tardive des temples. Nous ne pouvons accéder au bâtiment principal, car une cérémonie liée à l’O-bon a lieu. Ce temple possède un jardin avec plusieurs pavillons. Il appartient à l’école Bouddhique Rinzei. Nous rentrons sur l’hôtel en passant par les petites rues du quartier de Higashiyama. Nous faisons un stop rapide au sanctuaire, Yasuikonpira-gû, où nous pouvons mettre derrière nous les mauvaises choses en passant par un trou. Nous arrivons finalement sur la grande rue de Gion, prise d’assaut par les touristes. Pour les amuser, un motard déguisé en Spiderman fait rugir sa machine !

Nous retrouvons Stéphane à la gare de Kyoto, puis allons dîner dans un espace ouvert avec de petites échoppes, les Yatai. Mais c’est relativement cher et les commerçants pas forcément très agréables. De toute façon, il se fait tard et une bonne nuit de sommeil est importante.

 

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Des singes et des bambous, samedi 11 août

Nous partons explorer un quartier situé dans le nord de Kyoto, nous prenons le train à Kyoto station pour Arashiyama. La journée s’annonce très chaude sur Kyoto. Nous commençons notre exploration par la célèbre bambouseraie. Nombreuses sont les photos où la bambouseraie est seule dans ses habits verts. Pour nous, ce sera la version « pousse toi de là que je prenne ma photo… »

Nous continuons avec le temple Tenriyu-ji. Temple avec un splendide étang. Devant l’étendue d’eau un jardin sec fait office de séparation. Malgré le monde, on peut se poser et rester quelques minutes à admirer le lieu. Retour vers le centre d’Arashiyama et nous traversons le pont Togetsu-Kyo, signifiant le pont que traverse la Lune. Ce pont de 155 m de long est en grande partie en bois. La dernière grande rénovation de cet ouvrage date de 1934. Mais notre destination est le Iwatayama monkey park, un parc où les singes sont en liberté et les humains en cage. La montée est sympa avec la chaleur et on croise beaucoup de français. Kyoto semble être la ville qui attire le plus de français. La vue est magnifique au sommet et les petits singes sont très mignons.

Nous redescendons pour un déjeuner près de la rivière où l’on profite aussi de l’occasion pour un petit rafraîchissement des pieds dans l’eau. Nous avons encore du temps et nous prenons la route pour un temple un peu perdu dans la forêt, le Daihikakuzan Senko-ji. Pas grand monde sur notre route. Le temple est situé tout en hauteur avec une belle vue. Bien sûr, nous rencontrons un français et nous discutons quelques instants. Ce voyageur profite de sa retraite pour découvrir le Japon sur une durée de 3 mois. Retour à Kyoto et nous dînons avec une connaissance dans un Izakaya.

 

Le tourisme au Japon

Longtemps considéré comme un pays difficile d’accès et fort coûteux, le Japon a connu sur ces dernières années une progression fulgurante du nombre de visiteurs. Il y a peu, JNTO (l’office national du Japon) tablait sur 20 millions de touristes pour 2020, ce chiffre a maintenant doublé et c’est pas moins de 40 millions de visiteurs qui sont attendus. En 2017, 29 millions de visiteurs ont été au Japon dont 251 600 Français (en hausse de +5,7%). Par comparaison, la France et ses 82,6 millions de visiteurs reste le pays le plus visité au monde. JNTO propose un site de statistique disponible pour tous où vous pourrez suivre la progression du nombre de visiteurs. Pour la France, après Tokyo, point de mystère c’est Kyoto qui est la plus visitée.

 

 

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Tour de Kyoto, dimanche 12 août

Aujourd’hui c’est journée sportive. Nous allons louer des vélos au petit magasin à côté de l’hôtel. 1000 yens la journée. Il faut que ce soit rentable :). Voici nos étapes :

Taizen-ji. On peut garer nos vélos à l’intérieur avec l’accord du gardien. Petit ensemble de temples, nous pouvons admirer différents éléments que l’on peut trouver en ornements dans les temples : Les Kamon (blasons de famille) et les onigawara (ogres gargouille qui chassent les mauvais esprits)
Ninna-ji : Une fois passée l’immense porte nous découvrons la pagode à 5 étages qui est sublime. Le temple principal a été entièrement rénové pour notre plus grand plaisir.
Ryoan-ji : Un incontournable des visites de Kyoto : Le jardin sec (karesansui). Composé d’une quinzaine de rochers formant 5 groupes, ce jardin prête à de multiple interprétations, mais laissons-nous emporter par celle d’un groupement d’îles en plein océan. Cependant, la foule n’aidant pas forcément à la méditation, nous reprenons nos vélos pour une autre destination très …très prisée
Pavillon d’or, le Kinkaku-ji : Sans doute un des temples les plus pris en photo. Le pavillon d’or est une des images d’Épinal de Kyoto. Ce temple est très beau mais l’impossibilité de le visiter est un peu frustrant. Mais soyons réaliste, ce serait strictement impossible vu la masse de visiteurs. Dommage, car les 3 étages sont dans des styles différents. Quoi qu’il en soit, le Kinkaku-ji a été reconstruit en 1955 après qu’un moine fou l’ait brûlé en 1950.

 

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Avec tous ces efforts, il faut bien se restaurer. Un peu perdus dans le quartier du sanctuaire de Shimogamo, nous trouvons l’unique restaurant du coin… une brasserie mi-française, mi-italienne. D’un autre côté, c’est peut-être un des rares restaurants à Kyoto à ne pas avoir de touristes.

Sanctuaire Shimogamo : Ce sanctuaire est l’un des plus vieux du Japon (VIIe siècle). Julien achète encore une divination, mais celle-ci pour en lire le contenu doit être trempée dans l’eau. Il semblerait que ce soit une petite chance. https://www.shimogamo-jinja.or.jp/english/
Pavillon argent, le Ginkaku-ji : Il aurait dû recevoir une couche d’argent, mais ne l’a jamais eu. Cependant, ce temple reste une belle découverte pour son jardin sec avec une forme rappelant très fortement le Mont Fuji et son jardin de mousse.
Nanzen-ji : L’immense porte est impressionnante. Juste à côté se trouve aussi un viaduc que de nombreux visiteurs prennent en photo.
Chemin de la philosophie : quel plaisir de rouler tranquillement le long de ce chemin. Il manque quelques cerisiers en fleurs, mais c’est très sympa.
Temple Shinsen-en et son adorable pont rouge. Ce lieu est important, car c’est l’endroit où le premier hanami (la contemplation des fleurs dont celles des cerisiers) a été célébré en 812.
• Tentatives pour découvrir l’allée marchande couverte dans le centre de Kyoto, le nishiki market et la ruelle de Ponto-cho mais le nombre de visiteurs est très important et nous jouons à qui se faufilera le mieux. L’heure tourne et nous devons ramener les vélos. On va y arriver, mais juste à temps.

 

Louer un vélo au Japon

Rien de plus facile que de louer un vélo. Par trop cher, vous aurez même le choix entre un vélo normal ou électrique. Souvent ils vont vous demander de prendre une assurance vol, mais pas la peine si vous faites bien attention de mettre le cadenas à chaque arrêt. Rouler en vélo est facile au Japon et l’utilisation des trottoirs est tolérée. Vérifiez bien que votre sonnette marche, car vous allez l’utiliser souvent. Un moyen économique pour parcourir rapidement la ville et découvrir de petites rues que vous n’auriez jamais empruntées. N’oubliez pas qu’au Japon ils roulent à gauche.

 

Mais l’aventure n’est pas encore finie ! Une fois la nuit tombée, on prend le train et direction le sanctuaire de Fushimi Inari et ses milliers de Torii dans la forêt. Superbe promenade où nous sommes presque seuls. Commence alors un mini shoot photos. Vous trouverez d’ailleurs avec ce lien une sélection des meilleures photos de Julien. Romain doit rappeler à l’ordre Julien sinon il y serait resté la nuit complète. Nous marchons jusqu’au dernier niveau situé à plus de 300 mètres d’altitude.

Ainsi se termine l’aventure Kyotoïte de ce voyage.